Fenêtre sur l’UNESCO #11

 Reconstruction de la mosquée Al-Nouri en Iraq et action du réseau mondial des réserves de biosphère pour une transformation éthique et écologique, quelles ont été les actualités de l’UNESCO ces dernières semaines ?  

 

L’UNESCO annonce les lauréats du concours pour la réédification de la mosquée Al-Nouri en Iraq

Lancé en novembre 2020 par l’UNESCO dans le cadre du projet de réhabilitation de la vieille ville de Mossoul, métropole au nord de l’Iraq, le concours international pour la reconstruction de la mosquée Al-Nouri à Mossoul a été remporté par une équipe d’architectes égyptiens. 

Emblème culturel et identitaire, avec son minaret reconnaissable entre mille par son inclinaison caractéristique, ce complexe historique avait été détruit par les forces djihadistes en 2017 lors de la bataille de Mossoul, qui opposait alors le gouvernement iraquien à l’État Islamique. 

Cette compétition d’architecture, en coopération avec le ministère de la Culture iraquien et le Fonds Sunnite iraquien, a recueilli pas moins de 123 candidatures à travers le monde.

Finalement, le jury international composé de neuf membres fut conquis par le projet ingénieux de huit architectes égyptiens : si la salle de prière d’Al-Nouri sera reconstituée à l’identique, les architectes ont apporté quelques modifications mineures pour rendre le complexe plus ouvert et plus harmonieux. Ainsi, sont prévus l’aménagement d’espaces publics ouverts autour du site, la création d’espaces plus grands pour les femmes et les dignitaires religieux et de jardins clos similaires aux jardins historiques qui entouraient autrefois la salle de prière avant sa rénovation en 1944. 

Les travaux de restauration, qui s’étaleront sur une surface de plus de 11 000 m², devraient débuter en décembre prochain. 

Cette reconstruction de la mosquée d’Al-Nouri s’inscrit plus largement dans le programme “Faire revivre l’esprit de Mossoul”, entrepris par l’UNESCO en 2018, dans le but de revitaliser la ville de Mossoul – seconde métropole du pays – et plus particulièrement de relancer son activité économique et sa vie culturelle, après des années de guerre. 

En effet, une partie considérable du patrimoine culturel iraquien a été irréversiblement endommagée par les djihadistes, qui assiégèrent la ville de 2014 à 2017, date à laquelle les autorités iraquiennes purent reprendre le contrôle de la ville, après 9 mois d’affrontements acharnés qui engendrèrent des milliers de morts et de blessés.

 

Pour aller plus loin… « Faire revivre l’esprit de Mossoul »

Désireux de protéger et de restaurer l’héritage culturel et historique de la ville de Mossoul, l’UNESCO, avec l’appui de la communauté internationale, a lancé en février 2018 l’opération “Faire revivre l’esprit de Mossoul” lors de la Conférence internationale sur la reconstruction de l’Iraq. 

Sous la domination de Daech, la vieille ville avait été ravagée par les pillages, la destruction de lieux de culte (à l’exemple de la mosquée Al-Nouri ou du sanctuaire de Nabi Younès) et de savoir (la bibliothèque historique de Mossoul) etc. Le système éducatif a lui aussi été fortement compromis, puisque les djihadistes, alors au pouvoir, avaient imposé leur idéologie aux élèves, forçant de nombreux parents à déscolariser leurs enfants. 

A travers cette initiative, appuyée par le soutien financier de l’Union Européenne, du Canada et du Japon, l’UNESCO ne tient pas simplement à restaurer le paysage urbain et culturel de cette métropole qui abrite plus de deux millions d’Iraquiens, mais vise aussi à redonner un élan vital à la ville de Mossoul, en développant des projets éducatifs au service de la tolérance, en favorisant la création d’emplois et la relance de l’économie et en promouvant la mixité sociale.

 

 

 

Le réseau mondial des réserves de biosphère se mobilise devant le changement écologique et éthique

A l’occasion du 50ème anniversaire du “Programme sur l’Homme et la biosphère” (MAB), la réserve de biosphère UNESCO du Bliesgau, en Allemagne, invite les autres réserves de biosphère du réseau à participer à son projet artistique, intitulé “Transformation-Cercle Mondial de la terre”.

Aspirant à sensibiliser le grand public aux changements éthiques et écologiques qui affectent la communauté internationale, la réserve UNESCO du Bliesgau a fait appel aux talents du sculpteur allemand Martin Steinert pour créer une sculpture en bois dans les vestiges d’une église médiévale. Cette œuvre d’art, qui devrait être achevée d’ici fin mai 2021, symbolise, par sa forme sphérique et par sa dimension plus grande que nature, un cercle mondial de la terre”.

La création de ce chef d’œuvre impliquera également la récolte et l’imbrication de 714 segments de bois régional de couleur verte, évoquant les 714 réserves de biosphère de l’UNESCO. 

La réserve de biosphère du Bliesgau encourage donc l’ensemble du réseau mondial des réserves de biosphère à apporter leur pierre à l’édifice, en produisant une citation poétique portant sur les spécificités régionales liées au thème de la transformation.

Ce projet donne matière à réfléchir sur la faculté du langage poétique à véhiculer des idées et des opinions en faveur d’une transformation sociale et écologique.
Toutes les contributions seront publiées sur le site Web de la réserve de biosphère du Bliesgau (www.biosphaere-bliesgau.eu/weltenkreis) et seront exposées sur place avec la sculpture.

 

En savoir plus sur ce projet collaboratif 

 

 

Dans les semaines à venir la Fédération vous invite à garder un œil sur … 

 

26-30 avril : Réunion intergouvernementale relative au projet de Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle (l’IA) constitue l’une des innovations majeures de ces dernières décennies. Il est donc décisif de réguler et d’encadrer à l’échelle nationale et internationale l’usage de cette technologie. Dans cette optique, le Comité spécial d’experts techniques et juridiques tiendra une réunion intergouvernementale pour se pencher sur l’éthique de l’intelligence artificielle et, plus précisément, pour examiner le projet de Recommandation sur l’éthique de l’intelligence artificielle (IA). 

Cette réunion se déroulera en deux temps : du 26 au 30 avril 2021 (en ligne de 13h à 17h) et du 21 au 25 juin 2021. 

Pour accéder à la retransmission 

 

3 mai : Journée mondiale de la liberté de presse 

La liberté de presse, intimement liée à la liberté d’opinion et à la liberté d’expression, est le propre d’une société démocratique. La censure, la nationalisation des médias, les interférences des actionnaires, l’atteinte physique ou morale aux journalistes sont autant d’obstacles à cette liberté fondamentale. Ainsi, cette année, la Journée mondiale pour la liberté de presse sera placée sous le thème de  “L’information comme bien public”, afin de sensibiliser les citoyens à l’importance du droit à l’information et à leur devoir de veiller à l’indépendance et à la sécurité des journalistes, comme l’assassinat de la journaliste kenyane Betty Barasa le rappelle.

En savoir plus sur cette Journée mondiale