L’horreur au quotidien ?


L’horreur au quotidien ?

L’horreur encore ; l’horreurqui se répète et se banalise, non au lointain dans des paysages inconnus, maisau plus près de nous, au cœur de nos fêtes les plus naturelles. D’abord, lacélébration de la liberté d’expression avec l’assassinat de nos amis de Charlie,puis  le plaisir simple de « prendreun pot » entre amis ou de communier en écoutant de la musique au Bataclanet, à présent, la commémoration joyeuse de notre Fête nationale.

Le / les monstres qui, cettenuit, se sont arrogés l’abominable droit d’anéantir la vie de dizaines depersonnes, paisiblement rassemblées dans la douceur d’une nuit d’été,n’ignoraient pas que ce jour du 14 juillet était dédié à l’évocation del’épopée révolutionnaire du peuple français, commencée avec la prise de laBastille.

C’est donc bien l’esprit de notregrande Révolution qui se trouve à nouveau menacé et attaqué. C’est donc bienl’héritage des Lumières qui, par ce monstrueux assassinat de masse, se trouveattaqué.

Qu’une démocratie comme laFrance, malgré ses nombreux manques, ait le droit légitime de défendre sescitoyens et leurs libertés, je n’en disconviens aucunement. Il ne suffira pas,cependant, de mobiliser autant de forces de sécurité que nous le pourrions.Forts de ces seuls moyens, jamais nous n’empêcherons la folie criminelle etaveugle de s’exprimer au cœur de nos sociétés ou ailleurs. Il n’est qu’àinterroger ceux qui, depuis des décennies et malgré toutes les précautions,sont sans cesse confrontés à la menace quotidienne de la mort. Jamais je n’aivu autant de forces militaires et de police concentrées que dans cette pauvreville de Kaboul, où les attentats sont cependant journaliers, sans que nosmédias ne s’en fassent désormais l’écho.

Lorsque le symbole même de notreRévolution se trouve ainsi attaqué – cette prise de la Bastille si symboliquede ce vent de liberté qui s’empare alors de la France et de l’Europe – c’’estl’esprit de Valmy qu’il faut convoquer en défense de nos valeurs. Ce sont cessans-culottes, gueux en armes, qui ne veulent point qu’on leur vole ce qu’ilsviennent d’inventer : « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Quand j’évoque, aujourd’hui,la barbarie, je suis loin de toute rétrospective historique ; au temps oùle barbare était l’Autre, méprisé et exploité au seul prétexte que sa culture,ses arts, ses traditions n’étaient pas les nôtres et que, forts de notrearrogance et de notre seule force matérielle, nous nous refusions à enreconnaître l’égale dignité.

La barbarie contemporaine estcelle de ceux, de tous ceux, qui, à divers degrés, animés d’idéologies de haineet d’obscurantisme, se placent en dehors de toute humanité, renoncent à leurpropre humanité ; humanité dont la Déclaration universelle des Droits del’Homme fixe, universellement, la définition et les exigences, dans le respectde la diversité des spiritualités et des cultures.

C’est avec l’esprit de Valmyqu’il faut affronter ces temps nouveaux, temps de barbarie et d’obscurantisme.C’est avec les armes de Valmy qu’il faut affronter ces dangers qui menacentnotre commune humanité, fondée sur la trilogie républicaine : Liberté,Egalité, Fraternité », qu’il faut offrir et garantir pour tous les peuplesde la terre. C’est cela l’esprit de défense qu’il faut fermement évoquer etinvoquer lorsque les hommes se trouvent attaqués et niés, dans le plusélémentaire de leurs droits, la Vie… au Mali, en Syrie ou à Nice.           

Yves LOPEZ, Président de la FFPU

Updated on Jul 18, 2016 by Fédération Française Pour l’UNESCO (Version 2)


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